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Jack White & Co
Citation de copiattyright le 9 avril 2022, 18:07Please welcome the Jacques Blanc
avec ses différents groupes the White stripes, Raconteurs, Dead weather... ou en solo est selon moi, celui qui a le mieux "tiré le fil" du rock depuis le grunge. Je zappe pleins de choses, forcément, mais choisir c'est abandonner, donc je vous laisse remplir les blancs avec vos préférences.
Il y a d'autres musiciens/groupes qui ont fait avancer le smilblick (Radiohead, Damon Albarn seul ou avec ses groupes, arctic monkeys, Arcade Fire, the strokes, Queen of the stone age dans un autre style, je suis open etc) mais c'est celui qui pour moi est resté vraiment dans le rock/blues au sens 50's à fin 70's et lui a apporté des choses légères (you are pretty good looking for a girl) ou plus épaisses (blue veins) mais il ne faudrait surtout pas le cantonner au succès de Seven Nation Army et son adoption par les footeux (au départ en Italie, mais le rock en Italie c'est d'ailleurs intéressant, beaucoup plus proches de Peter Gabriel, de Devendra Banhart à un moment, ils ne s'amourachent pas des mêmes groupes au même moment).
Bref Jack white, il est batteur au départ, fils d'une famille nombreuse pauvre de Détroit, fait du garage rock, des B.O, des films chez Jarmush, montre qu'il peut causer à Jimmy page et the Edge dans it might get loud (voilà l'intro) il finit par y créer son label Third man records quand la ville a été un peu moins craignos, (et l'autre magasin 3rd man est à Nashville) avec une prod de vinyle, une petite scène, bref un bouclard dans lequel j'ai mis les pieds et qui est très sympa.
Bref j'en parle parce que le dernier album est sorti hier, voilà une itw justement à Détroit qu'encore une fois il y a du neuf dedans, pas mal de compression sur certain morceaux mais une densité qui colle la banane... c'est vivant,
Bref allez en 4 liens de plus:
un clip de Gondry :
https://www.youtube.com/watch?v=K4dx42YzQCE&list=RDK4dx42YzQCE&start_radio=1
Divers morceaux des whites stripes sur un format apple "from the basement" qui marchait bien mais qui a été très peu exploité...
https://www.youtube.com/watch?v=l5wkTdVjE1s
Blue veins avec les Raconteurs:
https://www.youtube.com/watch?v=sfICAoXlS3s
In the twilight (melting pot assez drôle, il va notamment piquer des trucs qui font presque penser à du Yes, et du sample de Bob McFerrin)
https://www.youtube.com/watch?v=pwMepratiNo
J'en passe et des meilleures, morceau pour un James Bond et bien d'autres collaborations, bref il a un ticket si je finis sur une ile déserte, yaura moins de monde que quand j'ai vu les whites stripes au Zenith ya 15 ans.
Please welcome the Jacques Blanc
avec ses différents groupes the White stripes, Raconteurs, Dead weather... ou en solo est selon moi, celui qui a le mieux "tiré le fil" du rock depuis le grunge. Je zappe pleins de choses, forcément, mais choisir c'est abandonner, donc je vous laisse remplir les blancs avec vos préférences.
Il y a d'autres musiciens/groupes qui ont fait avancer le smilblick (Radiohead, Damon Albarn seul ou avec ses groupes, arctic monkeys, Arcade Fire, the strokes, Queen of the stone age dans un autre style, je suis open etc) mais c'est celui qui pour moi est resté vraiment dans le rock/blues au sens 50's à fin 70's et lui a apporté des choses légères (you are pretty good looking for a girl) ou plus épaisses (blue veins) mais il ne faudrait surtout pas le cantonner au succès de Seven Nation Army et son adoption par les footeux (au départ en Italie, mais le rock en Italie c'est d'ailleurs intéressant, beaucoup plus proches de Peter Gabriel, de Devendra Banhart à un moment, ils ne s'amourachent pas des mêmes groupes au même moment).
Bref Jack white, il est batteur au départ, fils d'une famille nombreuse pauvre de Détroit, fait du garage rock, des B.O, des films chez Jarmush, montre qu'il peut causer à Jimmy page et the Edge dans it might get loud (voilà l'intro) il finit par y créer son label Third man records quand la ville a été un peu moins craignos, (et l'autre magasin 3rd man est à Nashville) avec une prod de vinyle, une petite scène, bref un bouclard dans lequel j'ai mis les pieds et qui est très sympa.
Bref j'en parle parce que le dernier album est sorti hier, voilà une itw justement à Détroit qu'encore une fois il y a du neuf dedans, pas mal de compression sur certain morceaux mais une densité qui colle la banane... c'est vivant,
Bref allez en 4 liens de plus:
un clip de Gondry :
Divers morceaux des whites stripes sur un format apple "from the basement" qui marchait bien mais qui a été très peu exploité...
Blue veins avec les Raconteurs:
In the twilight (melting pot assez drôle, il va notamment piquer des trucs qui font presque penser à du Yes, et du sample de Bob McFerrin)
J'en passe et des meilleures, morceau pour un James Bond et bien d'autres collaborations, bref il a un ticket si je finis sur une ile déserte, yaura moins de monde que quand j'ai vu les whites stripes au Zenith ya 15 ans.
Citation de ThierryNK le 9 avril 2022, 23:02J'accroche pas vraiment, c'est grave?
Les parents dorment-ils un peu plus?
Bises
J'accroche pas vraiment, c'est grave?
Les parents dorment-ils un peu plus?
Bises
Citation de copiattyright le 9 avril 2022, 23:33Pour toutes les formes d’art y’a que croire savoir qui est grave, d’avoir pensé plus que senti, faute d’avoir donné suffisamment d’attention, mais effectivement peut être t’aimes pas le rock garage, les bidouilles de son, le blues, l’acoustique, les duos, les solos, ses groupes entièrement féminins, Allison flockeart chez Dead weather, le tout fait par lui précisément. Evidemment accrocher est accessoire, mais il a sa photo dans le paysage, le personnage est intéressant.
Et yes merci, on dort très bien, tout le monde va bien, avec du temps pour écouter de la zik, et j’ai même eu 10 minutes pour partager, ma dernière séance de jack white, le kiff ou le riff 😉
Pour toutes les formes d’art y’a que croire savoir qui est grave, d’avoir pensé plus que senti, faute d’avoir donné suffisamment d’attention, mais effectivement peut être t’aimes pas le rock garage, les bidouilles de son, le blues, l’acoustique, les duos, les solos, ses groupes entièrement féminins, Allison flockeart chez Dead weather, le tout fait par lui précisément. Evidemment accrocher est accessoire, mais il a sa photo dans le paysage, le personnage est intéressant.
Et yes merci, on dort très bien, tout le monde va bien, avec du temps pour écouter de la zik, et j’ai même eu 10 minutes pour partager, ma dernière séance de jack white, le kiff ou le riff 😉
Citation de ThierryNK le 9 avril 2022, 23:38Dire que je n'accroche pas n'est pas un jugement 😉
Pas de pb avec les bidouilles de son, le blues, l'acoustique, les femmes, les duos et les solos.... Rock garage, je ne connaissais pas l'expression...
Dire que je n'accroche pas n'est pas un jugement 😉
Pas de pb avec les bidouilles de son, le blues, l'acoustique, les femmes, les duos et les solos.... Rock garage, je ne connaissais pas l'expression...
Citation de copiattyright le 10 avril 2022, 02:33oui oui, je ne le prends pas comme un jugement, je souligne le fait que la masse des choses crées donne pleins de portes d’entrées, mais au final évidement, soit on sent le style soit on le sent pas 😉
Et pour compléter j’ai une inclinaison naturelle pour les artistes qui parlent de leur rapport à la musique plus que de leur rapport avec le public, et là le bonhomme est toujours cohérent d’album en album et d’interview en interview depuis plus de 20 piges, celle que j’ai mis en lien au dessus revisite un peu tout ça de ces albums en 8 pistes analogiques du début à maintenant et l’utilisation qu’il fait du digital et le fait qu’il ait quasiment enregistré seul tous les instruments de cet album.
Globalement j’aurai tendance à penser que la démarche du bonhomme est intéressante et pourrait (t’)intéresser, d’où mon idée de te dire de peut-être passer un peu plus de temps à découvrir 😉
oui oui, je ne le prends pas comme un jugement, je souligne le fait que la masse des choses crées donne pleins de portes d’entrées, mais au final évidement, soit on sent le style soit on le sent pas 😉
Et pour compléter j’ai une inclinaison naturelle pour les artistes qui parlent de leur rapport à la musique plus que de leur rapport avec le public, et là le bonhomme est toujours cohérent d’album en album et d’interview en interview depuis plus de 20 piges, celle que j’ai mis en lien au dessus revisite un peu tout ça de ces albums en 8 pistes analogiques du début à maintenant et l’utilisation qu’il fait du digital et le fait qu’il ait quasiment enregistré seul tous les instruments de cet album.
Globalement j’aurai tendance à penser que la démarche du bonhomme est intéressante et pourrait (t’)intéresser, d’où mon idée de te dire de peut-être passer un peu plus de temps à découvrir 😉
Citation de ThierryNK le 10 avril 2022, 20:26Alors, il y a peut-être des raisons à mon non accrochage...
J'aime beaucoup Arno, rockeur belge, qui lui de son côté estime qu'une chanson est bonne uniquement si le public l'aime.
J'avais failli écrire ça et je me suis retenu au sujet de ce que tu as mis en ligne:
Cela me fait penser à certains groupes de free jazz où ceux qui sont sur scène semblent beaucoup s'amuser pendant que le public se fait royalement chier.
J'ai eu cette impression en écoutant ce que tu as posté. Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème.
Alors, il y a peut-être des raisons à mon non accrochage...
J'aime beaucoup Arno, rockeur belge, qui lui de son côté estime qu'une chanson est bonne uniquement si le public l'aime.
J'avais failli écrire ça et je me suis retenu au sujet de ce que tu as mis en ligne:
Cela me fait penser à certains groupes de free jazz où ceux qui sont sur scène semblent beaucoup s'amuser pendant que le public se fait royalement chier.
J'ai eu cette impression en écoutant ce que tu as posté. Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème.
Citation de copiattyright le 11 avril 2022, 18:47Merci, ça me donne matière à réflexion 😉
Je comprends tout à fait que Jack White puisse donner ce sentiment de distance, de froideur et que ça puisse interroger sur le fait que ce soit une posture et que le public ne soit pas son problème. Pour pleins de raison de fond, et des détails, son coiffeur/coloriste du moment est en sursis
, mais le côté un peu poussé de l'esthétique de ses albums est marrant du "De Stilj" au jaune et noir du label 3rd man, c'est très référencé graphiquement aussi, mais ça peu distraire, même quand on aime bien.
Quand j'y réfléchi, son énergie a aussi quelque chose à voir avec celle de Détroit, il y a une dureté spéciale dans le coin, les stooges, le mc5, la naissance de la techno, ya cette tradition dans l'air et même dans les rapports avec les gens, on va passer les raisons socio économiques du Michigan avec sa capitale de rêve bagnolard ricain déchu mais aussi l'université de l'îlot d'Ann Arbor... bref c'est un drôle de mix ce coin.
Mais aux vues de toutes ses prod' et itw, je n'ai pas vu de "posture" faussement ci ou ça chez White et en tout cas pas quelque chose qui couperait du public, donc je développe un peu juste pour dire pourquoi la forme du personnage ou même de l'oeuvre me semblent dignes d'intérêt au delà de la personnalité du bonhomme. Mais évident pas qu'il faudrait aimer.
Et il faut me semble-t-il distinguer pourquoi les gens créent et leur rapports au public. On pourrait évacuer la question en regardant n'importe quelle vidéo de concert, ce n'est pas un chanteur à refrain, mais ça communique normalement avec le public dans la petite salle de black pool ou dans les grandes, ça vit ça tape, ça se marre, ça interagit et ça communie autour de la zik.
Sur le pourquoi de la création, mi pense que tout vient du besoin primaire que satisfait le créateur dans la création : aimer et se sentir vivre à travers la création ou être aimé et vivre à travers la connexion/la transmission/fusion avec celui qui reçoit. Donc un peu à la truelle :
- je me réfère et dans mon lexique perso les premiers sont des "artistes", c'est viscéral chez eux, l'idée d'être entendu n'interfère pas dans ce qu'ils sont, ce qu'ils font ; La beauté de l'ensemble de l'interaction se produit quand ce qu'ils ont fait rencontre un public et vient du fait que quand on touche à son propre essentiel (émotionnel, existentiel, expérienciel) on touche à l'universel.... le procédé est magique... il n'y a pas de transaction dans la relation, il y a adhésion ou pas, la matière crée n'est pas teintée par le désir supposé de l'autre ou modelée dans l'idée de le séduire. L'artiste est tout ce qu'il peut être (avec ses qualités et ses défaut dans leurs forces et limitations), en laissant chacun être qui il est, libre de se rencontrer ou de passer son chemin. Une relation respectueuse où l'huile et l'eau danse harmonieusement, c'est du 1+1=3 ou "1 à côté de 1" mais la somme n'est jamais moins de 2.
- de l'autre côté il y a ce que j'appellerai plus un artiste "interprète-caméléon", un être qui interprète les besoins du récepteur pour rentrer en communication, assouvir son besoin de lien (d'ailleurs que l'espace émotionnel à combler soit pour s'apporter quelque chose à soi ou par une envie de don plus universel de soi n'est pas un critère discriminant pour moi, l'amour peut-être ce moteur par exemple), de se fondre dans le désir du récepteur, tout en les faisant aussi fondre en symbiose pour se sentir plein, et cet interprète trouve certainement l'universel dans la fonte des individualités dans le fait de ne faire qu'un. Là les ingrédients sont de l'ordre de la mayonnaise, de la liaison, la relation est transactionnelle, c'est du 1+1=1 (ou du = 0 si ça ne prend pas) la réalisation de la transaction vient du fait que ça prenne et que la sauce monte dans l'adhésion. (et à titre perso le caméléon pur en société, c'est facile à repérer, c'est le mec qui galère à articuler une idée parce qu'il ne peut pas s'adapter à deux personnes en même temps dans une conversation à 3 😉 )
Bref pas de vérité, les deux ont des mécaniques différentes et j'exprime juste le fait que souvent je percute plus à l'idée et aux réalisations des premiers. Mais une chapelle sixtine répond à encore à autre chose, mais on ne va pas développer l'art de commande ou les implications du mécénat sur les créateurs.
Le jacky, je pense qu'il n'a besoin que de musique, que c'est son besoin fondamental au point de ne pas avoir de lit faute de place mais une batterie dans sa pièce d'ado. Qu'effectivement il n'a pas besoin de nous, mais qu'il peut très bien avoir envie de partager, il explique d'ailleurs qu'il n'a pas bien compris pourquoi précisément à leur troisième album, les gens ont commencé à en faire des caisses autour d'eux, alors qu'ils tournaient tranquilles depuis un moment et qu'ils étaient content à cette échelle là.
Pour ce qui est de tes exemples, pour moi faut pas confondre un Arno viscéralement animé par sa musique donc qui pour moi est dans la première catégorie, et le fait qu'il conditionne le qualificatif de "bonne chanson" au fait que son public l'aime...
Et donc qu'il considère que les bonnes chansons plaisent et le fait qu'il écrive le morceau "ma mère" pour le public, n'est pas lié, il ne doit pas être compliqué de retrouver ses interviews sur le sujet quand le morceau est sorti, sur taratata, peut-être même dans le cercle de minuit (j'ai un doute)... Donc je comprends l'idée, mais je n'yya pas de lien de causalité.
Pour Arno, difficile d'avoir été le cuistot de Marvin Gaye, d'être d'une sensibilité comme la sienne et de manquer d'humilité, le personnage semble hautement sans égo et touchant à tous les égards, effectivement je ne le vois pas décider seul ce qui déterminerait une bonne chanson, donc se dire "si ça touche un autre humainj'ai réussi ma mission" va bien avec le personnage.
Pour le free jazz, la comparaison ne me parle pas trop, je vois bien l'archétype des mecs cérébraux qui poussent et poussent encore en se polissant les cuivres à gogo dans une cave sombre quitte à, voire en prenant plaisir, à perdre tout le monde... mais ne pas faire "pour" les gens ne veut pas dire faire "contre" les gens. Le Jack white est de son côté classé parmi les meilleurs guitaristes dans les classements tarte à la crème genre ceux de Rolling stones... (quasiment le seul qui émerge depuis les années 90, ya que Frusciante à peu près contemporain, encore qu'il ait commencé avant) il ne cherche pas l'underground ou à fuir un quelconque public, il a été plusieurs fois en tête des ventes aux US, se tape les talk shows, je ne vois pas de dédain, de foutage de gu... d'élitisme, il semble juste tracer sa voie...
Je ne suis pas énamouré, pas "fan de" tout ce qu'il a fait mais je trouve son apport significatif, l'équilibre qualité et large diffusion lui est très favorable, comme des Pixies, des Pearl jam, et quelques autres. Sa collaboration dans l'album de Danielle Luppi, "Rome" produit avec Danger Mouse, avec Nora Jones entre autres est aussi une autre facette de ce qu'il a fait. Il a d'autres collaborations avec Q-tip, Jay-z, Busta Rhymes, ressort des albums de bluesman des années 30 sur son label dans le même temps, fait du rockabilly, reprends Jolene de Dolly Parton... qualité ou pas, ça cause sur son envie de faire de la musique en général et y compris d'autres, d'horizons très différents. On verra comment il vieillit mais pour l'instant pas d'incohérences majeures.
Miles Davis pour ne citer que lui ne donnait pas l'impression d'être un mec qui réclamait une quelconque connexion humaine ou infléchissait la qualification de son art à ceux qui l'écoutaient (et les 2 bios que j'ai lu semblent confirmer cette idée) mais pas de doute sur sa capacité à faire passer des émotions. Tiens un autre du rock qui n'est pas dans l'affect, Richie Blackmore pour en citer un autre que je crois tu apprécies, ne me semble pas non plus là dedans, mais bien plus dans ce que tu as écrit : "Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème." le rapport à son art prime, chemises à jabot incluses.
On peut avoir envie, sans être en train de vouloir résoudre un besoin et d'être dans la fusion. Sans jugement de valeur, le besoin de dire peut-être déconnecté du besoin d'être entendu. Cette forme d'individuation, d'autonomie et de gratuité dans la création m'apparait comme une expérience plus complète. "Si je me cales sur ce que je crois que tu es et ce dont tu as besoin, comment tu fais pour savoir qui je suis?"
Klein, Soulages et Hirst ne partent pas des mêmes choses et en provoquent de biens différentes, je suis fan de Warhol pour son approche du mal par le mal, j'aime bien Toscani pour d'autres raisons, chaude ou froide la proposition artistique est une proposition, selon moi on respecte les gens en étant honnête et en leur laissant le choix d'adhérer, pas en essayant de faire leur plaisir ou de se faire valoir au dépends de. Je ne suis pas client de koons qui fait un don d'oeuvre mais envoie la facture pour sa mise en place
![]()
Bref, la palette est large et il y a fort heureusement complètement la liberté de ne pas rencontrer un artiste, un auteur ou un style de musique. J'essaierai certainement toute ma vie de réécouter de l'opéra, de voyager dans certains Rembrandt ou de trouver les livre de Foucault fluides, pour l'instant c'est un sans faute, ça m'indiffère immanquablement, mais pourquoi pas, j'ai bien fini par aimer l'électro, le hip hop, de voir l'intérêt du pointillisme de visu, ça n'empêche pas de lire les autres en parler et de retenter l'expérience.
Merci pour l'occasion de plonger dans tout ça, je me relirai plus tard, ça doit être pleins de co(q)uilles. 🙄
![]()
Merci, ça me donne matière à réflexion 😉
Je comprends tout à fait que Jack White puisse donner ce sentiment de distance, de froideur et que ça puisse interroger sur le fait que ce soit une posture et que le public ne soit pas son problème. Pour pleins de raison de fond, et des détails, son coiffeur/coloriste du moment est en sursis
, mais le côté un peu poussé de l'esthétique de ses albums est marrant du "De Stilj" au jaune et noir du label 3rd man, c'est très référencé graphiquement aussi, mais ça peu distraire, même quand on aime bien.
Quand j'y réfléchi, son énergie a aussi quelque chose à voir avec celle de Détroit, il y a une dureté spéciale dans le coin, les stooges, le mc5, la naissance de la techno, ya cette tradition dans l'air et même dans les rapports avec les gens, on va passer les raisons socio économiques du Michigan avec sa capitale de rêve bagnolard ricain déchu mais aussi l'université de l'îlot d'Ann Arbor... bref c'est un drôle de mix ce coin.
Mais aux vues de toutes ses prod' et itw, je n'ai pas vu de "posture" faussement ci ou ça chez White et en tout cas pas quelque chose qui couperait du public, donc je développe un peu juste pour dire pourquoi la forme du personnage ou même de l'oeuvre me semblent dignes d'intérêt au delà de la personnalité du bonhomme. Mais évident pas qu'il faudrait aimer.
Et il faut me semble-t-il distinguer pourquoi les gens créent et leur rapports au public. On pourrait évacuer la question en regardant n'importe quelle vidéo de concert, ce n'est pas un chanteur à refrain, mais ça communique normalement avec le public dans la petite salle de black pool ou dans les grandes, ça vit ça tape, ça se marre, ça interagit et ça communie autour de la zik.
Sur le pourquoi de la création, mi pense que tout vient du besoin primaire que satisfait le créateur dans la création : aimer et se sentir vivre à travers la création ou être aimé et vivre à travers la connexion/la transmission/fusion avec celui qui reçoit. Donc un peu à la truelle :
- je me réfère et dans mon lexique perso les premiers sont des "artistes", c'est viscéral chez eux, l'idée d'être entendu n'interfère pas dans ce qu'ils sont, ce qu'ils font ; La beauté de l'ensemble de l'interaction se produit quand ce qu'ils ont fait rencontre un public et vient du fait que quand on touche à son propre essentiel (émotionnel, existentiel, expérienciel) on touche à l'universel.... le procédé est magique... il n'y a pas de transaction dans la relation, il y a adhésion ou pas, la matière crée n'est pas teintée par le désir supposé de l'autre ou modelée dans l'idée de le séduire. L'artiste est tout ce qu'il peut être (avec ses qualités et ses défaut dans leurs forces et limitations), en laissant chacun être qui il est, libre de se rencontrer ou de passer son chemin. Une relation respectueuse où l'huile et l'eau danse harmonieusement, c'est du 1+1=3 ou "1 à côté de 1" mais la somme n'est jamais moins de 2.
- de l'autre côté il y a ce que j'appellerai plus un artiste "interprète-caméléon", un être qui interprète les besoins du récepteur pour rentrer en communication, assouvir son besoin de lien (d'ailleurs que l'espace émotionnel à combler soit pour s'apporter quelque chose à soi ou par une envie de don plus universel de soi n'est pas un critère discriminant pour moi, l'amour peut-être ce moteur par exemple), de se fondre dans le désir du récepteur, tout en les faisant aussi fondre en symbiose pour se sentir plein, et cet interprète trouve certainement l'universel dans la fonte des individualités dans le fait de ne faire qu'un. Là les ingrédients sont de l'ordre de la mayonnaise, de la liaison, la relation est transactionnelle, c'est du 1+1=1 (ou du = 0 si ça ne prend pas) la réalisation de la transaction vient du fait que ça prenne et que la sauce monte dans l'adhésion. (et à titre perso le caméléon pur en société, c'est facile à repérer, c'est le mec qui galère à articuler une idée parce qu'il ne peut pas s'adapter à deux personnes en même temps dans une conversation à 3 😉 )
Bref pas de vérité, les deux ont des mécaniques différentes et j'exprime juste le fait que souvent je percute plus à l'idée et aux réalisations des premiers. Mais une chapelle sixtine répond à encore à autre chose, mais on ne va pas développer l'art de commande ou les implications du mécénat sur les créateurs.
Le jacky, je pense qu'il n'a besoin que de musique, que c'est son besoin fondamental au point de ne pas avoir de lit faute de place mais une batterie dans sa pièce d'ado. Qu'effectivement il n'a pas besoin de nous, mais qu'il peut très bien avoir envie de partager, il explique d'ailleurs qu'il n'a pas bien compris pourquoi précisément à leur troisième album, les gens ont commencé à en faire des caisses autour d'eux, alors qu'ils tournaient tranquilles depuis un moment et qu'ils étaient content à cette échelle là.
Pour ce qui est de tes exemples, pour moi faut pas confondre un Arno viscéralement animé par sa musique donc qui pour moi est dans la première catégorie, et le fait qu'il conditionne le qualificatif de "bonne chanson" au fait que son public l'aime...
Et donc qu'il considère que les bonnes chansons plaisent et le fait qu'il écrive le morceau "ma mère" pour le public, n'est pas lié, il ne doit pas être compliqué de retrouver ses interviews sur le sujet quand le morceau est sorti, sur taratata, peut-être même dans le cercle de minuit (j'ai un doute)... Donc je comprends l'idée, mais je n'yya pas de lien de causalité.
Pour Arno, difficile d'avoir été le cuistot de Marvin Gaye, d'être d'une sensibilité comme la sienne et de manquer d'humilité, le personnage semble hautement sans égo et touchant à tous les égards, effectivement je ne le vois pas décider seul ce qui déterminerait une bonne chanson, donc se dire "si ça touche un autre humainj'ai réussi ma mission" va bien avec le personnage.
Pour le free jazz, la comparaison ne me parle pas trop, je vois bien l'archétype des mecs cérébraux qui poussent et poussent encore en se polissant les cuivres à gogo dans une cave sombre quitte à, voire en prenant plaisir, à perdre tout le monde... mais ne pas faire "pour" les gens ne veut pas dire faire "contre" les gens. Le Jack white est de son côté classé parmi les meilleurs guitaristes dans les classements tarte à la crème genre ceux de Rolling stones... (quasiment le seul qui émerge depuis les années 90, ya que Frusciante à peu près contemporain, encore qu'il ait commencé avant) il ne cherche pas l'underground ou à fuir un quelconque public, il a été plusieurs fois en tête des ventes aux US, se tape les talk shows, je ne vois pas de dédain, de foutage de gu... d'élitisme, il semble juste tracer sa voie...
Je ne suis pas énamouré, pas "fan de" tout ce qu'il a fait mais je trouve son apport significatif, l'équilibre qualité et large diffusion lui est très favorable, comme des Pixies, des Pearl jam, et quelques autres. Sa collaboration dans l'album de Danielle Luppi, "Rome" produit avec Danger Mouse, avec Nora Jones entre autres est aussi une autre facette de ce qu'il a fait. Il a d'autres collaborations avec Q-tip, Jay-z, Busta Rhymes, ressort des albums de bluesman des années 30 sur son label dans le même temps, fait du rockabilly, reprends Jolene de Dolly Parton... qualité ou pas, ça cause sur son envie de faire de la musique en général et y compris d'autres, d'horizons très différents. On verra comment il vieillit mais pour l'instant pas d'incohérences majeures.
Miles Davis pour ne citer que lui ne donnait pas l'impression d'être un mec qui réclamait une quelconque connexion humaine ou infléchissait la qualification de son art à ceux qui l'écoutaient (et les 2 bios que j'ai lu semblent confirmer cette idée) mais pas de doute sur sa capacité à faire passer des émotions. Tiens un autre du rock qui n'est pas dans l'affect, Richie Blackmore pour en citer un autre que je crois tu apprécies, ne me semble pas non plus là dedans, mais bien plus dans ce que tu as écrit : "Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème." le rapport à son art prime, chemises à jabot incluses.
On peut avoir envie, sans être en train de vouloir résoudre un besoin et d'être dans la fusion. Sans jugement de valeur, le besoin de dire peut-être déconnecté du besoin d'être entendu. Cette forme d'individuation, d'autonomie et de gratuité dans la création m'apparait comme une expérience plus complète. "Si je me cales sur ce que je crois que tu es et ce dont tu as besoin, comment tu fais pour savoir qui je suis?"
Klein, Soulages et Hirst ne partent pas des mêmes choses et en provoquent de biens différentes, je suis fan de Warhol pour son approche du mal par le mal, j'aime bien Toscani pour d'autres raisons, chaude ou froide la proposition artistique est une proposition, selon moi on respecte les gens en étant honnête et en leur laissant le choix d'adhérer, pas en essayant de faire leur plaisir ou de se faire valoir au dépends de. Je ne suis pas client de koons qui fait un don d'oeuvre mais envoie la facture pour sa mise en place
Bref, la palette est large et il y a fort heureusement complètement la liberté de ne pas rencontrer un artiste, un auteur ou un style de musique. J'essaierai certainement toute ma vie de réécouter de l'opéra, de voyager dans certains Rembrandt ou de trouver les livre de Foucault fluides, pour l'instant c'est un sans faute, ça m'indiffère immanquablement, mais pourquoi pas, j'ai bien fini par aimer l'électro, le hip hop, de voir l'intérêt du pointillisme de visu, ça n'empêche pas de lire les autres en parler et de retenter l'expérience.
Merci pour l'occasion de plonger dans tout ça, je me relirai plus tard, ça doit être pleins de co(q)uilles. 🙄
Citation de ThierryNK le 11 avril 2022, 18:58Intéressant tout ça...
Il y a pas mal de questions philosophiques là dedans.
En essayant de ne pas étaler la confiture, je dirais que j'en suis arrivé à une vision de l'être humain qui ne peut exister d'absolument tous les points de vue que si un autre existe. C'est ma "passion pour l'altérité..." que tu trouveras sur la page d'accueil de mon site Web photos. Mai je ne vais pas vous infliger ici une dissertation sur ce sujet qui pourrait prendre une vie à écrire.
Intéressant tout ça...
Il y a pas mal de questions philosophiques là dedans.
En essayant de ne pas étaler la confiture, je dirais que j'en suis arrivé à une vision de l'être humain qui ne peut exister d'absolument tous les points de vue que si un autre existe. C'est ma "passion pour l'altérité..." que tu trouveras sur la page d'accueil de mon site Web photos. Mai je ne vais pas vous infliger ici une dissertation sur ce sujet qui pourrait prendre une vie à écrire.
Citation de Ludo6027 le 23 juillet 2022, 23:21Citation de copiattyright le 11 avril 2022, 18:47Merci, ça me donne matière à réflexion
Je comprends tout à fait que Jack White puisse donner ce sentiment de distance, de froideur et que ça puisse interroger sur le fait que ce soit une posture et que le public ne soit pas son problème. Pour pleins de raison de fond, et des détails, son coiffeur/coloriste du moment est en sursis
, mais le côté un peu poussé de l'esthétique de ses albums est marrant du "De Stilj" au jaune et noir du label 3rd man, c'est très référencé graphiquement aussi, mais ça peu distraire, même quand on aime bien.
Quand j'y réfléchi, son énergie a aussi quelque chose à voir avec celle de Détroit, il y a une dureté spéciale dans le coin, les stooges, le mc5, la naissance de la techno, ya cette tradition dans l'air et même dans les rapports avec les gens, on va passer les raisons socio économiques du Michigan avec sa capitale de rêve bagnolard ricain déchu mais aussi l'université de l'îlot d'Ann Arbor... bref c'est un drôle de mix ce coin.
Mais aux vues de toutes ses prod' et itw, je n'ai pas vu de "posture" faussement ci ou ça chez White et en tout cas pas quelque chose qui couperait du public, donc je développe un peu juste pour dire pourquoi la forme du personnage ou même de l'oeuvre me semblent dignes d'intérêt au delà de la personnalité du bonhomme. Mais évident pas qu'il faudrait aimer.
Et il faut me semble-t-il distinguer pourquoi les gens créent et leur rapports au public. On pourrait évacuer la question en regardant n'importe quelle vidéo de concert, ce n'est pas un chanteur à refrain, mais ça communique normalement avec le public dans la petite salle de black pool ou dans les grandes, ça vit ça tape, ça se marre, ça interagit et ça communie autour de la zik.
Sur le pourquoi de la création, mi pense que tout vient du besoin primaire que satisfait le créateur dans la création : aimer et se sentir vivre à travers la création ou être aimé et vivre à travers la connexion/la transmission/fusion avec celui qui reçoit. Donc un peu à la truelle :
- je me réfère et dans mon lexique perso les premiers sont des "artistes", c'est viscéral chez eux, l'idée d'être entendu n'interfère pas dans ce qu'ils sont, ce qu'ils font ; La beauté de l'ensemble de l'interaction se produit quand ce qu'ils ont fait rencontre un public et vient du fait que quand on touche à son propre essentiel (émotionnel, existentiel, expérienciel) on touche à l'universel.... le procédé est magique... il n'y a pas de transaction dans la relation, il y a adhésion ou pas, la matière crée n'est pas teintée par le désir supposé de l'autre ou modelée dans l'idée de le séduire. L'artiste est tout ce qu'il peut être (avec ses qualités et ses défaut dans leurs forces et limitations), en laissant chacun être qui il est, libre de se rencontrer ou de passer son chemin. Une relation respectueuse où l'huile et l'eau danse harmonieusement, c'est du 1+1=3 ou "1 à côté de 1" mais la somme n'est jamais moins de 2.
- de l'autre côté il y a ce que j'appellerai plus un artiste "interprète-caméléon", un être qui interprète les besoins du récepteur pour rentrer en communication, assouvir son besoin de lien (d'ailleurs que l'espace émotionnel à combler soit pour s'apporter quelque chose à soi ou par une envie de don plus universel de soi n'est pas un critère discriminant pour moi, l'amour peut-être ce moteur par exemple), de se fondre dans le désir du récepteur, tout en les faisant aussi fondre en symbiose pour se sentir plein, et cet interprète trouve certainement l'universel dans la fonte des individualités dans le fait de ne faire qu'un. Là les ingrédients sont de l'ordre de la mayonnaise, de la liaison, la relation est transactionnelle, c'est du 1+1=1 (ou du = 0 si ça ne prend pas) la réalisation de la transaction vient du fait que ça prenne et que la sauce monte dans l'adhésion. (et à titre perso le caméléon pur en société, c'est facile à repérer, c'est le mec qui galère à articuler une idée parce qu'il ne peut pas s'adapter à deux personnes en même temps dans une conversation à 3
)
Bref pas de vérité, les deux ont des mécaniques différentes et j'exprime juste le fait que souvent je percute plus à l'idée et aux réalisations des premiers. Mais une chapelle sixtine répond à encore à autre chose, mais on ne va pas développer l'art de commande ou les implications du mécénat sur les créateurs.
Le jacky, je pense qu'il n'a besoin que de musique, que c'est son besoin fondamental au point de ne pas avoir de lit faute de place mais une batterie dans sa pièce d'ado. Qu'effectivement il n'a pas besoin de nous, mais qu'il peut très bien avoir envie de partager, il explique d'ailleurs qu'il n'a pas bien compris pourquoi précisément à leur troisième album, les gens ont commencé à en faire des caisses autour d'eux, alors qu'ils tournaient tranquilles depuis un moment et qu'ils étaient content à cette échelle là.
Pour ce qui est de tes exemples, pour moi faut pas confondre un Arno viscéralement animé par sa musique donc qui pour moi est dans la première catégorie, et le fait qu'il conditionne le qualificatif de "bonne chanson" au fait que son public l'aime...
Et donc qu'il considère que les bonnes chansons plaisent et le fait qu'il écrive le morceau "ma mère" pour le public, n'est pas lié, il ne doit pas être compliqué de retrouver ses interviews sur le sujet quand le morceau est sorti, sur taratata, peut-être même dans le cercle de minuit (j'ai un doute)... Donc je comprends l'idée, mais je n'yya pas de lien de causalité.
Pour Arno, difficile d'avoir été le cuistot de Marvin Gaye, d'être d'une sensibilité comme la sienne et de manquer d'humilité, le personnage semble hautement sans égo et touchant à tous les égards, effectivement je ne le vois pas décider seul ce qui déterminerait une bonne chanson, donc se dire "si ça touche un autre humainj'ai réussi ma mission" va bien avec le personnage.
Pour le free jazz, la comparaison ne me parle pas trop, je vois bien l'archétype des mecs cérébraux qui poussent et poussent encore en se polissant les cuivres à gogo dans une cave sombre quitte à, voire en prenant plaisir, à perdre tout le monde... mais ne pas faire "pour" les gens ne veut pas dire faire "contre" les gens. Le Jack white est de son côté classé parmi les meilleurs guitaristes dans les classements tarte à la crème genre ceux de Rolling stones... (quasiment le seul qui émerge depuis les années 90, ya que Frusciante à peu près contemporain, encore qu'il ait commencé avant) il ne cherche pas l'underground ou à fuir un quelconque public, il a été plusieurs fois en tête des ventes aux US, se tape les talk shows, je ne vois pas de dédain, de foutage de gu... d'élitisme, il semble juste tracer sa voie...
Je ne suis pas énamouré, pas "fan de" tout ce qu'il a fait mais je trouve son apport significatif, l'équilibre qualité et large diffusion lui est très favorable, comme des Pixies, des Pearl jam, et quelques autres. Sa collaboration dans l'album de Danielle Luppi, "Rome" produit avec Danger Mouse, avec Nora Jones entre autres est aussi une autre facette de ce qu'il a fait. Il a d'autres collaborations avec Q-tip, Jay-z, Busta Rhymes, ressort des albums de bluesman des années 30 sur son label dans le même temps, fait du rockabilly, reprends Jolene de Dolly Parton... qualité ou pas, ça cause sur son envie de faire de la musique en général et y compris d'autres, d'horizons très différents. On verra comment il vieillit mais pour l'instant pas d'incohérences majeures.
Miles Davis pour ne citer que lui ne donnait pas l'impression d'être un mec qui réclamait une quelconque connexion humaine ou infléchissait la qualification de son art à ceux qui l'écoutaient (et les 2 bios que j'ai lu semblent confirmer cette idée) mais pas de doute sur sa capacité à faire passer des émotions. Tiens un autre du rock qui n'est pas dans l'affect, Richie Blackmore pour en citer un autre que je crois tu apprécies, ne me semble pas non plus là dedans, mais bien plus dans ce que tu as écrit : "Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème." le rapport à son art prime, chemises à jabot incluses.
On peut avoir envie, sans être en train de vouloir résoudre un besoin et d'être dans la fusion. Sans jugement de valeur, le besoin de dire peut-être déconnecté du besoin d'être entendu. Cette forme d'individuation, d'autonomie et de gratuité dans la création m'apparait comme une expérience plus complète. "Si je me cales sur ce que je crois que tu es et ce dont tu as besoin, comment tu fais pour savoir qui je suis?"
Klein, Soulages et Hirst ne partent pas des mêmes choses et en provoquent de biens différentes, je suis fan de Warhol pour son approche du mal par le mal, j'aime bien Toscani pour d'autres raisons, chaude ou froide la proposition artistique est une proposition, selon moi on respecte les gens en étant honnête et en leur laissant le choix d'adhérer, pas en essayant de faire leur plaisir ou de se faire valoir au dépends de. Je ne suis pas client de koons qui fait un don d'oeuvre mais envoie la facture pour sa mise en place
![]()
Bref, la palette est large et il y a fort heureusement complètement la liberté de ne pas rencontrer un artiste, un auteur ou un style de musique. J'essaierai certainement toute ma vie de réécouter de l'opéra, de voyager dans certains Rembrandt ou de trouver les livre de Foucault fluides, pour l'instant c'est un sans faute, ça m'indiffère immanquablement, mais pourquoi pas, j'ai bien fini par aimer l'électro, le hip hop, de voir l'intérêt du pointillisme de visu, ça n'empêche pas de lire les autres en parler et de retenter l'expérience.
Merci pour l'occasion de plonger dans tout ça, je me relirai plus tard, ça doit être pleins de co(q)uilles.
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Bonjour,
Je serai bien incapable de le décrire comme tu l'as fait, mais j'adhère complètement sauf à The White Stripes (pour l'instant), l'état d'esprit ne faisant pas tout, et heureusement que tout le monde n'adhère pas.... Bravo
Ludovic
Citation de copiattyright le 11 avril 2022, 18:47Merci, ça me donne matière à réflexion
Je comprends tout à fait que Jack White puisse donner ce sentiment de distance, de froideur et que ça puisse interroger sur le fait que ce soit une posture et que le public ne soit pas son problème. Pour pleins de raison de fond, et des détails, son coiffeur/coloriste du moment est en sursis
, mais le côté un peu poussé de l'esthétique de ses albums est marrant du "De Stilj" au jaune et noir du label 3rd man, c'est très référencé graphiquement aussi, mais ça peu distraire, même quand on aime bien.
Quand j'y réfléchi, son énergie a aussi quelque chose à voir avec celle de Détroit, il y a une dureté spéciale dans le coin, les stooges, le mc5, la naissance de la techno, ya cette tradition dans l'air et même dans les rapports avec les gens, on va passer les raisons socio économiques du Michigan avec sa capitale de rêve bagnolard ricain déchu mais aussi l'université de l'îlot d'Ann Arbor... bref c'est un drôle de mix ce coin.
Mais aux vues de toutes ses prod' et itw, je n'ai pas vu de "posture" faussement ci ou ça chez White et en tout cas pas quelque chose qui couperait du public, donc je développe un peu juste pour dire pourquoi la forme du personnage ou même de l'oeuvre me semblent dignes d'intérêt au delà de la personnalité du bonhomme. Mais évident pas qu'il faudrait aimer.
Et il faut me semble-t-il distinguer pourquoi les gens créent et leur rapports au public. On pourrait évacuer la question en regardant n'importe quelle vidéo de concert, ce n'est pas un chanteur à refrain, mais ça communique normalement avec le public dans la petite salle de black pool ou dans les grandes, ça vit ça tape, ça se marre, ça interagit et ça communie autour de la zik.
Sur le pourquoi de la création, mi pense que tout vient du besoin primaire que satisfait le créateur dans la création : aimer et se sentir vivre à travers la création ou être aimé et vivre à travers la connexion/la transmission/fusion avec celui qui reçoit. Donc un peu à la truelle :
- je me réfère et dans mon lexique perso les premiers sont des "artistes", c'est viscéral chez eux, l'idée d'être entendu n'interfère pas dans ce qu'ils sont, ce qu'ils font ; La beauté de l'ensemble de l'interaction se produit quand ce qu'ils ont fait rencontre un public et vient du fait que quand on touche à son propre essentiel (émotionnel, existentiel, expérienciel) on touche à l'universel.... le procédé est magique... il n'y a pas de transaction dans la relation, il y a adhésion ou pas, la matière crée n'est pas teintée par le désir supposé de l'autre ou modelée dans l'idée de le séduire. L'artiste est tout ce qu'il peut être (avec ses qualités et ses défaut dans leurs forces et limitations), en laissant chacun être qui il est, libre de se rencontrer ou de passer son chemin. Une relation respectueuse où l'huile et l'eau danse harmonieusement, c'est du 1+1=3 ou "1 à côté de 1" mais la somme n'est jamais moins de 2.
- de l'autre côté il y a ce que j'appellerai plus un artiste "interprète-caméléon", un être qui interprète les besoins du récepteur pour rentrer en communication, assouvir son besoin de lien (d'ailleurs que l'espace émotionnel à combler soit pour s'apporter quelque chose à soi ou par une envie de don plus universel de soi n'est pas un critère discriminant pour moi, l'amour peut-être ce moteur par exemple), de se fondre dans le désir du récepteur, tout en les faisant aussi fondre en symbiose pour se sentir plein, et cet interprète trouve certainement l'universel dans la fonte des individualités dans le fait de ne faire qu'un. Là les ingrédients sont de l'ordre de la mayonnaise, de la liaison, la relation est transactionnelle, c'est du 1+1=1 (ou du = 0 si ça ne prend pas) la réalisation de la transaction vient du fait que ça prenne et que la sauce monte dans l'adhésion. (et à titre perso le caméléon pur en société, c'est facile à repérer, c'est le mec qui galère à articuler une idée parce qu'il ne peut pas s'adapter à deux personnes en même temps dans une conversation à 3
)
Bref pas de vérité, les deux ont des mécaniques différentes et j'exprime juste le fait que souvent je percute plus à l'idée et aux réalisations des premiers. Mais une chapelle sixtine répond à encore à autre chose, mais on ne va pas développer l'art de commande ou les implications du mécénat sur les créateurs.
Le jacky, je pense qu'il n'a besoin que de musique, que c'est son besoin fondamental au point de ne pas avoir de lit faute de place mais une batterie dans sa pièce d'ado. Qu'effectivement il n'a pas besoin de nous, mais qu'il peut très bien avoir envie de partager, il explique d'ailleurs qu'il n'a pas bien compris pourquoi précisément à leur troisième album, les gens ont commencé à en faire des caisses autour d'eux, alors qu'ils tournaient tranquilles depuis un moment et qu'ils étaient content à cette échelle là.
Pour ce qui est de tes exemples, pour moi faut pas confondre un Arno viscéralement animé par sa musique donc qui pour moi est dans la première catégorie, et le fait qu'il conditionne le qualificatif de "bonne chanson" au fait que son public l'aime...
Et donc qu'il considère que les bonnes chansons plaisent et le fait qu'il écrive le morceau "ma mère" pour le public, n'est pas lié, il ne doit pas être compliqué de retrouver ses interviews sur le sujet quand le morceau est sorti, sur taratata, peut-être même dans le cercle de minuit (j'ai un doute)... Donc je comprends l'idée, mais je n'yya pas de lien de causalité.
Pour Arno, difficile d'avoir été le cuistot de Marvin Gaye, d'être d'une sensibilité comme la sienne et de manquer d'humilité, le personnage semble hautement sans égo et touchant à tous les égards, effectivement je ne le vois pas décider seul ce qui déterminerait une bonne chanson, donc se dire "si ça touche un autre humainj'ai réussi ma mission" va bien avec le personnage.
Pour le free jazz, la comparaison ne me parle pas trop, je vois bien l'archétype des mecs cérébraux qui poussent et poussent encore en se polissant les cuivres à gogo dans une cave sombre quitte à, voire en prenant plaisir, à perdre tout le monde... mais ne pas faire "pour" les gens ne veut pas dire faire "contre" les gens. Le Jack white est de son côté classé parmi les meilleurs guitaristes dans les classements tarte à la crème genre ceux de Rolling stones... (quasiment le seul qui émerge depuis les années 90, ya que Frusciante à peu près contemporain, encore qu'il ait commencé avant) il ne cherche pas l'underground ou à fuir un quelconque public, il a été plusieurs fois en tête des ventes aux US, se tape les talk shows, je ne vois pas de dédain, de foutage de gu... d'élitisme, il semble juste tracer sa voie...
Je ne suis pas énamouré, pas "fan de" tout ce qu'il a fait mais je trouve son apport significatif, l'équilibre qualité et large diffusion lui est très favorable, comme des Pixies, des Pearl jam, et quelques autres. Sa collaboration dans l'album de Danielle Luppi, "Rome" produit avec Danger Mouse, avec Nora Jones entre autres est aussi une autre facette de ce qu'il a fait. Il a d'autres collaborations avec Q-tip, Jay-z, Busta Rhymes, ressort des albums de bluesman des années 30 sur son label dans le même temps, fait du rockabilly, reprends Jolene de Dolly Parton... qualité ou pas, ça cause sur son envie de faire de la musique en général et y compris d'autres, d'horizons très différents. On verra comment il vieillit mais pour l'instant pas d'incohérences majeures.
Miles Davis pour ne citer que lui ne donnait pas l'impression d'être un mec qui réclamait une quelconque connexion humaine ou infléchissait la qualification de son art à ceux qui l'écoutaient (et les 2 bios que j'ai lu semblent confirmer cette idée) mais pas de doute sur sa capacité à faire passer des émotions. Tiens un autre du rock qui n'est pas dans l'affect, Richie Blackmore pour en citer un autre que je crois tu apprécies, ne me semble pas non plus là dedans, mais bien plus dans ce que tu as écrit : "Il se fait d'abord plaisir, si cela intéresse quelqu'un d'autre, il s'en fout et ce n'est pas son problème." le rapport à son art prime, chemises à jabot incluses.
On peut avoir envie, sans être en train de vouloir résoudre un besoin et d'être dans la fusion. Sans jugement de valeur, le besoin de dire peut-être déconnecté du besoin d'être entendu. Cette forme d'individuation, d'autonomie et de gratuité dans la création m'apparait comme une expérience plus complète. "Si je me cales sur ce que je crois que tu es et ce dont tu as besoin, comment tu fais pour savoir qui je suis?"
Klein, Soulages et Hirst ne partent pas des mêmes choses et en provoquent de biens différentes, je suis fan de Warhol pour son approche du mal par le mal, j'aime bien Toscani pour d'autres raisons, chaude ou froide la proposition artistique est une proposition, selon moi on respecte les gens en étant honnête et en leur laissant le choix d'adhérer, pas en essayant de faire leur plaisir ou de se faire valoir au dépends de. Je ne suis pas client de koons qui fait un don d'oeuvre mais envoie la facture pour sa mise en place
![]()
Bref, la palette est large et il y a fort heureusement complètement la liberté de ne pas rencontrer un artiste, un auteur ou un style de musique. J'essaierai certainement toute ma vie de réécouter de l'opéra, de voyager dans certains Rembrandt ou de trouver les livre de Foucault fluides, pour l'instant c'est un sans faute, ça m'indiffère immanquablement, mais pourquoi pas, j'ai bien fini par aimer l'électro, le hip hop, de voir l'intérêt du pointillisme de visu, ça n'empêche pas de lire les autres en parler et de retenter l'expérience.
Merci pour l'occasion de plonger dans tout ça, je me relirai plus tard, ça doit être pleins de co(q)uilles.
![]()
![]()
Bonjour,
Je serai bien incapable de le décrire comme tu l'as fait, mais j'adhère complètement sauf à The White Stripes (pour l'instant), l'état d'esprit ne faisant pas tout, et heureusement que tout le monde n'adhère pas.... Bravo
Ludovic
Citation de copiattyright le 24 juillet 2022, 00:00?, du coup tu m’as forcé à me relire, et je vais avancer sur l’altérité (dont parlait Thierry).
Comme la vision de l’altérité embrassée les autres ça m’a sensiblement emm… pendant longtemps,
je vais lire Martin Buber, apparemment sa vision de la créa pour les artistes pourrait me donner à réfléchir…
Pour jacques blanc, il vient ou va sortir son 2ème album de l’année (pas encore écouté) et il a hit the road de bercy le bon jack avec je crois de bons retours.
Un bel été quoi 😉
?, du coup tu m’as forcé à me relire, et je vais avancer sur l’altérité (dont parlait Thierry).
Comme la vision de l’altérité embrassée les autres ça m’a sensiblement emm… pendant longtemps,
je vais lire Martin Buber, apparemment sa vision de la créa pour les artistes pourrait me donner à réfléchir…
Pour jacques blanc, il vient ou va sortir son 2ème album de l’année (pas encore écouté) et il a hit the road de bercy le bon jack avec je crois de bons retours.
Un bel été quoi 😉
























